Escapade Géorgienne (2/5)

Je voulais un rendez vous avec le Président Saakachvili, j’ai obtenu le premier ministre. Pas mal. Le siège du gouvernement, une énorme bâtisse, lourde, imposante, enfin bref, le style soviétique. Portillon et détecteur métallique, quelques gardes à l’uniforme gris, aux liserés rouges nous fouillent très mollement.

Une magnifique et jeune secrétaire nous dirige vers l’ascenseur. Troisième étage, l’antichambre du premier ministre. L’accueil est chaleureux, le chef du protocole, George Zurabashvili n’a pas trente ans. Georges nous propose verres d’eau et café. Puis il nous prévient, le premier ministre ne peut nous accorder seulement quelques minutes et trois questions au maximum. Après peut-être trente minutes d’attentes, nous sommes introduits chez le premier ministre. C’est un homme jeune et pressé qui nous reçoit dans son bureau. Une poignée de main, franche et directe. Nika Guilaouri est né en 1975 à Tbilissi. Il étudie les relations économiques internationales à Tbilissi puis l’anglais au Collège de Bournemouth en Grande-Bretagne. En 1999, il obtient un diplôme de finances et d'économie à l'Université de Limerick en Irlande. En 2000, un mastère d'affaires internationales à l'Université de Philadelphie aux Etats-Unis. Le 17 février 2004, il est nommé ministre de l'Energie, et enfin, il accède au poste de Premier le 6 février 2009. L’interview se fait « of course » en anglais. Mon interlocuteur, lui, le parle parfaitement.

« … L'invasion de la Géorgie par la Russie a poursuivi plusieurs objectifs. Le premier d'entre eux: nuire au corridor énergétique, évidemment. Et puis les russes ont également cherché à montrer l'étendu de leurs pouvoirs au monde, en testant sa résistance. Deux choses à cela. Pour commencer, si vous regardez la carte de l'Eurasie, vous réalisez que le seul moyen de faire arriver le gaz et le pétrole de la Caspienne en Europe -sans le contrôle russe- est de les faire passer par le corridor énergétique de l'Azerbaïdjan et de la Géorgie. Ce que les russes désapprouvent et aimeraient éviter dans le futur. L'invasion russe de l'année dernière a donc servi à cela. Et puis la deuxième chose qu'ont voulu faire les russes, c'était de tester le terrain. Voir jusqu'à quel point le monde occidental, le monde libre pouvait tolérer la politique d'agression russe. Et ce de manière à reproduire la chose dans d'autres parties du monde, éventuellement. La Russie essaie vraiment de retrouver la puissance de l'Union Soviétique… »


Fin de l’interview, le premier ministre nous serre la main et nous salue. La jeune et magnifique secrétaire nous reconduit fort joliment jusqu’à la sortie du bâtiment.

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